Skip to main content

Le VIH demeure l'un des grands défis de notre époque. Le nombre de personnes infectées, soit environ 36,9 millions, n'a jamais été aussi élevé, les adolescentes et les jeunes femmes étant les plus durement touchées. La tuberculose est l'une des principales causes de décès chez les personnes séropositives : les personnes vivant avec le VIH sont 26 à 31 fois plus susceptibles de développer la tuberculose que les personnes non infectées.

Le VIH peut enfermer ses victimes dans une spirale descendante : les personnes vivant avec le VIH et la tuberculose ont besoin d'un régime alimentaire plus riche en calories et en nutriments pour renforcer leur système immunitaire, mais elles ont souvent moins d'appétit et sont moins à même d'absorber les nutriments contenus dans leur alimentation. Le VIH augmente également la vulnérabilité à la diarrhée et aux infections.

En l'absence de traitement, le VIH détruit progressivement le système immunitaire et entraîne une perte de poids et un amaigrissement, aggravant souvent la malnutrition existante. En même temps, les patients séropositifs qui commencent un traitement en situation de malnutrition sont trois à cinq fois plus susceptibles de mourir que les autres.

Le VIH sévit surtout dans les régions particulièrement touchées par la pauvreté et l'insécurité alimentaire, affectant des populations ayant déjà difficilement accès à une alimentation saine. Le VIH et la tuberculose aggravent souvent l'insécurité alimentaire et la malnutrition préexistantes, créant ainsi un cercle vicieux : le coût des soins médicaux et la perte de revenu (en raison d'une maladie prolongée ou de la stigmatisation) exacerbent l'insécurité alimentaire, tandis que les populations en situation d'insécurité alimentaire adoptent souvent des comportements à risque qui les exposent à un risque d'infection par le VIH. Les personnes en situation d'insécurité alimentaire sont également moins susceptibles de se faire soigner.

L'intégration d'une composante alimentaire et nutritionnelle complète dans les programmes de traitement et d'accompagnement du VIH et de la tuberculose est essentielle pour améliorer la santé des personnes touchées par ces pathologies.

Action du WFP dans le domaine du VIH et de la tuberculose

Les populations vivant avec le VIH et/ou la tuberculose constituent une considération importante dans nos programmes de nutrition. Dans le cadre du Programme commun des Nations Unies sur le VIH/sida (ONUSIDA), le Programme alimentaire mondial (WFP) est le principal organisme chargé d'intégrer l'assistance alimentaire et nutritionnelle dans les stratégies nationales de lutte contre le VIH et la tuberculose et de la fournir aux patients en cas de besoin. En 2015, 540 000 personnes ont bénéficié des programmes du WFP sur le VIH et la tuberculose.

Avec le HCR, le WFP co-organise le domaine du VIH dans les situations humanitaires. Notre travail s'inscrit dans le cadre des objectifs de traitement 90-90-90 de l'UNAID pour éradiquer l'épidémie de sida et de la nouvelle stratégie de l'ONUSIDA pour 2016-2021, « Fast-Tracking to Zero », une des premières stratégies du système des Nations Unies à s'aligner sur les objectifs du développement durable.

Le VIH dans les situations d'urgence

Pendant les crises humanitaires, l'accès aux services de soins de santé et la disponibilité des médicaments pour les personnes vivant avec le VIH et/ou la tuberculose peuvent être perturbés, et les patients peuvent avoir du mal à satisfaire leurs besoins nutritionnels, entraînant ainsi un risque accru pour leur santé. Le WFP reconnaît l'importance d'une nutrition de qualité en situation de crise, en veillant à ce que les patients continuent d'avoir accès aux soins. Notre réponse aux urgences vise assurer aux malades l'accès à une assistance alimentaire et nutritionnelle essentielle.

Soutien aux patients infectés par le VIH et la tuberculose et souffrant de malnutrition

Sur le terrain, le WFP intervient avec les gouvernements dans les situations d'urgence, mais aussi dans les contextes de réhabilitation et de développement pour soutenir les patients touchés par le VIH et la tuberculose et leurs familles. Pour cela, nous procédons à des évaluations nutritionnelles, nous offrons des conseils ainsi qu'une assistance alimentaire et nutritionnelle sous la forme d'aliments nutritifs spécialisés.

Le WFP contribue également à la mise en place de filets de sécurité sous la forme de vivres, d'espèces et de bons conçus pour atténuer les conséquences immédiates du VIH et de la tuberculose sur les personnes en situation d'insécurité alimentaire et leurs familles.

Prise en compte du VIH dans toutes les interventions

De plus en plus, le WFP explore des approches tenant compte du VIH - avec des programmes qui ne sont pas spécifiquement conçus pour les patients séropositifs, mais dans lesquels ces derniers sont pris en compte dans la planification en tant que composante du groupe cible. À cet égard, le WFP conçoit ses activités telles que la distribution générale, « Des vivres contre des biens communautaires » ou les repas scolaires en tenant compte des patients infectés par le VIH. Nous encourageons également les gouvernements et les partenaires à inclure de façon adéquate les personnes infectées par le VIH dans des programmes plus larges de protection sociale.

Renforcement des capacités

Tous les programmes du WFP comprennent des activités visant à permettre aux pays et aux communautés de soutenir leur propre développement. Dans le domaine du VIH et de la tuberculose, nous travaillons directement avec les gouvernements et d'autres acteurs nationaux pour soutenir le développement de stratégies qui intègrent l'insécurité alimentaire et nutritionnelle pour les personnes touchées par ces maladies.

600 000 personnes
vivant avec le VIH/le sida ont reçu une aide du WFP en 2015
26 pays
ont reçu une assistance pour des activités de prévention de la tuberculose et du VIH/SIDA en 2015